La chronique de BLACK IS BACK « C’ETAIT MIEUX AVANT »

La chronique de BLACK IS BACK « C’ETAIT MIEUX AVANT »

Puisque c’est un passage obligatoire, moi aussi je fais mon papier sur le « C’était mieux avant ».
Pour faire vraiment vieux con, il faut commencer par une histoire d’avant, de quand c’était mieux. De quand les maillots étaient en coton et qu’y avait pas encore de réclame dessus. Le Albert rigolait pas avec ça.
Un match du Périgord Agenais, le PA, on disait comme ça, y a pas bien longtemps encore. PRIGONRIEUX contre d’autres. Journée ordinaire donc, 3 – 4 mêlées relevées dans le premier quart d’heure, c’est la norme de l’époque. Un match violent c’est autre chose. Mais là non, quasi un match amical. Ça c’est une des évolutions du Rugby moderne, maintenant les mêlées s’effondrent avant elles se relevaient. Vu de l’extérieur une mêlée relevée ça a l’air un peu brouillon, alors qu’en réalité c’est un truc super organisé. Déjà ça s’annonce, histoire que tout le monde soit au courant que ça va chasser les mouches. Une annonce secrète bien sûr. Je me souviens chez nous c’était « Bourgoin ». Pourquoi ? J’en sais rien, c’était comme ça. Le problème c’est que tous les clubs du PA avaient la même annonce. Du coup c’était beaucoup moins secret. Une fois l’annonce faite, il faut respirer un grand coup et rentrer en mêlée. Les bras doivent être bien dégagés, ils vont servir sous peu. La position exacte des têtes n’a pas grande importance, ça va pas durer longtemps. Par contre ce qui est important pour la tête c’est de bien la rentrer entre les épaules. Ensuite il faut fermer les yeux et envoyer les moulins à vent. Et après c’est ce que tu vois de l’extérieur. Quand tu joues derrière et que tu entends l’annonce « Bourgoin », tu peux commencer une discussion avec ton voisin, t’as un peu de temps devant toi.
Chez nous y avait Serge, un talonneur qui arrivait du Pays Basque pour le boulot. Plutôt un gentil, mais Basque quand même. Le Serge, il maitrisait bien la technique de la « Bourgoin », surtout les yeux fermés. A la 5ème relevée, l’arbitre qui devait trouver le temps long, et qui connaissait aussi l’annonce, saute au milieu de la bataille pour séparer tout ça….. Il est arrivé exactement ce que vous pensez, c’est l’arbitre qui s’est fait allumer. Pas vraiment méchamment, pas vraiment exprès non plus, mais allumé quand même. Fin immédiate des hostilités. Quand le chat n’est pas là les souris dansent, c’est des conneries, c’est même tout le contraire au Rugby. Après avoir été pris en charge par les éponges des deux camps, le ressuscité a décidé que ce grand moment d’échange et de fraternité avait assez duré. À la demi-heure de jeu, tout le monde aux vestiaires, et tant pis si la douche est froide.
La femme du Basco-intelligent, qui avait l’habitude de faire son ménage et sa vaisselle avant de venir au stade, arrive à la mi-temps, au moment ou le public se barre, faute de spectacle. « Le match est déjà fini ? – Ouais ! Y a ce con de Serge qu’a emplâtré l’arbitre ». Evidemment notre talonneur a été radié. Ce genre d’intervention, même si c’était une erreur de visée, était déjà assez mal perçu par les instances fédérales. Comme le jeu ne lui était plus autorisé, il est passé à l’arbitrage, où il a finalement fait une belle carrière.
Vous allez me dire « En quoi c’était mieux avant ? ». Eh Oh !!! Du calme j’y viens.
Ce qui était mieux avant c’était que les femmes de l’époque avaient le sens des valeurs et des priorités. Elles faisaient le ménage et la vaisselle avant de venir au stade. C’est pas comme certaines dégueulasses de maintenant que je connais, qui balancent tout vite fait dans le lave vaisselle, et qui en plus, ne rechignent pas à venir s’agglutiner à la buvette avec les copines.
Je sais pas pourquoi, mais je sens que je vais me faire des amies avec ce papier.

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